dimanche, juillet 12, 2009

L'arrivée à Rome

Je vous ai parlé de la conduite en Italie, mais je ne vous ai pas encore parlé de Rome.

Plusieurs jours à l'avance, je me suis mise à angoisser sur notre arrivée dans la ville la plus visitée au monde, dont les conducteurs ont très mauvaise réputation.

D'abord, c'était prévisible, nous nous sommes égarés. Après un peu d'exploration involontaire (et beaucoup de stress), nous avons demandé à des romains la direction pour la gare, où nous devions laisser la voiture de location.

Devant une fourche...gauche ou droite...vite...gauche ou droite....allez vite, réponds....j'ai failli causer un accident mais tout a bien été, nous nous en sommes sortis avec quelques coups de klaxon (tout à fait légitimes) de mes successeurs sur la route.

Un peu plus loin, j'ai demandé une information à une dame romaine que je n'ai pas pu remercier comme elle l'aurait mérité. D'abord, il faut savoir que dans le quartier où nous roulions, il n'y a pas de lignes sur les routes. Piétons, voitures et beaucoup de scooters roulent dans n'importe quelle voie, tout le monde se coupe sans égard à celui qui lui succède, les piétons traversent sans crier gare, les noms de rue sont mal indiqués. Il est d'usage de s'ajuster au conducteur de devant.

Ici, il n'y a pas de stationnement, donc tout le monde se stationne en double de la rangée de voitures déjà stationnée sans se soucier des autres. Les voitures s'arrêtent n'importe où et il est d'usage de simplement les contourner. Une vraie jungle urbaine.

Donc la dame romaine, après m'avoir donné les indications, est embarquée dans sa voiture et m'a fait signe de la suivre. Pendant QUARANTE minutes, elle a cherché avec nous l'endroit où nous devions rendre la voiture, s'arrêtant chaque fois en double, allant questionner des chauffeurs de taxi en me faisant signe d'attendre. Chaque fois, avec un calme désarmant, elle tentait de m'expliquer le chemin mais réalisant que c'était beaucoup trop complexe (rues non parallèles, one way nombreux, conduite de fou), elle finissait par soupirer gentiment et nous faire signe de la suivre. Et nous repartions pour une autre course, effrenée il va sans dire car je ne devais pas la perdre de vue par la densité de la circulation. Toujours, elle s'organisait pour m'attendre quelque part, quitte à bloquer la circulation, si elle ne me voyait plus.

Pour réussir à la suivre, j'ai dû conduire en malade (mais avec sang-froid) d'une manière que j'espère à ne JAMAIS avoir à revivre de mon existence. Alerte, sur le gros nerfs, je vous dis, mais tellement reconnaissante à cette inconnue (qui a refusé l'argent que nous avons voulu lui donner pour son aide). Dans une autre ville dans le nord de l'Italie, c'est un homme qui nous a guidé de la même manière jusqu'à une pharmacie où nous avions un besoin urgent pour notre fils).

Une fois débarrassés (yes!!) de la voiture, nous avons marché par une chaleur exténuante chargés de bagages, tentant tant bien que mal de trouver un taxi (j'ai l'air vraiment dramatique, ma foi, je commence à penser que c'est dans ma nature! Je suis encore ébranlée de ma journée d'hier!). Nous devions marcher un très loin coin de rue pour arriver à l'arrêt de taxi.

En attendant pour traverser la rue, Grand-Homme a rattrapé Frédéric de justesse par un bras quelques secondes avant qu'une voiture heurte celle qui la précédait dans un fracas de verre. Nous l'avons échappé bel mais notre arrivée dans la ville fut suffisamment brutale pour que j'en tremble encore après 24h quand j'y pense. Je DÉTESTE circuler ainsi trop chargée pour le peu de bras que nous avons, avec de jeunes moussaillons à protéger à tout prix. À cet instant, j'ai été vraiment heureuse de n'avoir pas amené mes grands en voyage avec nous.

Enfin nous avons trouvé un taxi. Au moment où je commençais à déstresser un peu (nous arrivions à l'hôtel), nous avons réalisé que le chauffeur de taxi était un arnaqueur et qu'il essayait de voler Grand-Homme. Heureusement, après de légers doutes, mon amoureux a été alerte et le type s'est poussé en nous accusant de le voler et en nous insultant en italien lorsque nous avons menacé de faire venir la police.

Il a quand même réussi à nous rouler mais pour moins qu'il l'aurait espéré. Le salaud!

Voilà pour notre arrivée. Pas très réjouissant mais la suite est plus agréable, rassurez-vous. J'y reviendrai.

San Gimignano et le musée de la torture

Nous avons été visiter il y a quelques jours San Gimignano, une ville médiévale fortifiée magnifiquement conservée. Après un repas sur une terrasse (où nous avons entendu des accents québécois qui nous ont fait chaud au coeur), nous avons été visiter un musée bien particulier.



Quelques unes des tours de San Gimignano.



Une rue étroite de cette magnifique ville fortifiée.



La visite du musée de la torture fut assez ébranlant. D'apprendre que le but de la plupart des instruments de torture était de prolonger les souffrances de gens du peuple, souvent condamné pour des offenses banales par rapport au châtiment m'a causé plusieurs hauts-le-coeur.

Voici quelques outils utilisés par les bourreaux...

Une ceinture de chasteté, souvent imposée aux femmes durant les absences de leur mari. Il n'était pas rare qu'elles les blessent au point d'en mourir de septicémie. Les ceintures lacéraient le corps et si la femme était enceinte sans le savoir au moment du départ de son mari, cela pouvait lui être fatal.



Une poire que l'on pouvait insérer dans la bouche, l'anus ou le vagin. Une fois insérée, on l'ouvrait et elle déployait des sortes de griffes qui lacéraient l'intérieur des orifices.



Des griffes servant à déchirer la chair.



Une image d'empalement. On "asseyait" le condamné sur un long bout de bois à l'extrémité arrondie (qui était enfoncée dans l'anus). Tranquillement, le pieux s'enfonçait et ravageait l'intérieur du corps. Le pieux était fait de telle manière qu'en s'enfonçant, il évitait les organes principaux afin de prolonger l'agonie. Le sujet pouvait mettre plusieurs jours à mourir, en plein soleil, tué ainsi à petit feu sous les yeux de ses pairs dans une abominable souffrance, jusqu'à ce que le pieux lui ressorte par la bouche.



Voilà des haches à dépecer qui intéresseront sans doute Fils Aîné.


Une chaise à interrogatoire recouverte de piquants. D'autres types de chaises étaient faites avec des lames.


Ici, toutes sortes de pinces à torture. Celle qui impressionnera mes garçons est en bas, à gauche. On voit peu les détails, mais elle est magnifiquement gravée en tête de serpent. Ce type de pince était chauffée à rouge puis était utilisée pour écraser et déformer le pénis des suspects interrogés. Le même type de pince existait pour les mamelons. Quel supplice! Je ne puis croire qu'on ait puisse être aussi insensible...



Frédéric s'intéresse au panier de la guillotine dans lequel il n'y a pas de tête à admirer. On raconte qu'une tête guillotinée, en roulant dans le panier, avait encore conscience pour quelques secondes de son sort.



Ici, le marquage au fer rouge portait atteinte de façon définitive à l'intégrité physique de la victime. Le poids de l'humiliation sociale se chargeait du reste.



Cet instrument de torture servait à "emprisonner" les victimes à la manière de la femme sur l'image. La position prolongée obligée suscitait rapidement inconfort puis insoutenables crampes. Le supplice pouvait durer des jours.



La dernière que je vous présente inflige des souffrances telles que vous ne pouvez les imaginer. Des cris de terreur alarmant les voisins les plus éloignés sont suscités à la simple vue de l'instrument de torture. Le cruel principe consiste à étendre une sorte de pâte odorante sur la tête de la victime après lui avoir préalablement enduit le crâne d'eau tiède (malgré l'envie du bourreau parfois de carrément immerger la tête dans l'eau glacée). La tête est ensuite frottée vigoureusement ou avec douceur (à la discrétion du bourreau). Il arrive occasionnellement qu'en dépit des précautions prises, de l'eau mélangée à la potion s'écoule dans les yeux de la victime, créant de ce fait un catalyseur d'agonie. Les cris d'épouvante émis par la victime sont susceptibles d'éveiller des soupçons réels sur ce qui se passe derrière la porte de votre chambre d'hôtel...

vendredi, juillet 10, 2009

Florence (il y a trois jours)


Le Duomo (Dôme), que nous n'avons admiré que du bas.



Photo prise du Ponte Vecchio.



Un lion sur la loggia dei Lanzi sur lequel Frédéric a tenté de grimper pour un safari florentin improvisé. Le gardien l'a averti gentiment mais le mal à l'orgueil était fait: de longues minutes de bouderie s'ensuivirent. Le souriant gardien était bien désolé.



Une reproduction grandeur nature du David de Michel-Ange sur la piazza della Signoria.

Dîner sur ladite piazza. Les cover charge sont de mise en Europe pour un repas sur une terrasse. Je trouve cependant ridicule qu'on m'ait facturé un euro et demi pour ma Demoiselle, qui bien qu'elle soit la pire ogresse qui soit, mange toujours sur nos genoux (parce qu'évidemment, pas de chaises hautes).



J'étouffe dans ces endroits denses et très touristiques. Heureusement que nous avons fait le plein de montagnes et de grand air au début du voyage.



Un kiosque qui m'a fait sourire en pensant à Grand-Charme et aux misères perpétuelles de son fond de culotte.



Je n'en reviens toujours pas de la popularité du scooter en Italie. Nul doute que c'est le moyen de transport idéal pour les rues étroites et le manque d'espace.

Nous devions retourner à Florence aujourd'hui pour visiter les Officines mais avons plutôt opté pour une destination allant plaire à Fred: le zoo de Pistoia. Misère. Avoir su que l'endroit serait si médiocre, les animaux si négligés, l'environnement si malpropre, nous serions retournés à Florence, où nous avions une réservation en après-midi.

Je n'aime pas les zoos et ai fait l'effort pour stimuler notre bonhomme. Pauvre animaux confinés à des espaces restreints sur fond de béton. Beurk. Déception.

jeudi, juillet 09, 2009

La villa

Journée relaxe aujourd'hui. Grand-Homme désirait visiter le musée Leonard de Vinci. Comme je suis fatiguée de courir et d'imposer ce rythme aux enfants, je suis restée ici avec eux pendant que l'homme explorait. Nous avons quand même fait un arrêt au parc en fin d'avant-midi. Frédéric est en manque d'enfants, l'esprit du jeu avec ses frères ou les amis de la garderie lui manque.

Habituellement, il est timide avec les enfants étrangers et sollicite un peu de support parental pour établir le contact. Depuis que nous sommes en Italie, il se mêle plus facilement à eux même s'ils sont plus âgés et qu'il ne comprend rien à leur langage. Parmi les enfants, il retrouve son sourire, devient joyeux et rayonnant. Le besoin intense des autres semble le rendre plus autonome pour socialiser.

Nos voisins de villa sont des Français qui ont des enfants dont un jeune garçon de six ans. Frédéric cherche sa compagnie, aime courir avec lui et est triste quand Valentin ne peut pas jouer avec lui. Il se plante à côté de la terrasse des voisins et attend piteusement. Je me sens un peu mal vis-à-vis des parents que mon fils attende autant du leur.

Depuis notre arrivée ici, nous avons croisé deux fois mes mousquetaires sur msn. La dernière fois, nous avons pu leur parler de vive voix. Frédéric s'est alors emballé d'entendre leur voix, de pouvoir leur parler de son ami Valentin. "Grand-Charme, Grand-Charme, est-ce que tu m'entends? Z'ai un ami, il s'appelle...(en aparté: "Il s'appelle comment déza maman?" -Valentin"....il s'appelle Laventin...Laven...Valentin!"



La villa. Petite mais sympathique et chaleureuse avec ses murs de pierre dignes des faux-finis de ma copine Joselle.





Il y a de la lavande partout ici. Il faut faire gaffe en les humant et en marchant tout près: un seul plant compte des dizaines d'abeilles et de bourdons.



Le chien bien sympathique qui nous attend souvent à la porte.



La piscine avec vue sur les collines environnantes.



Moi dans la campagne toscane.



Le grand terrain derrière où Frédéric aime s'amuser avec Valentin lorsque ce dernier a (enfin!) un peu de latitude...

La villa est vraiment la formule idéale pour se familiariser avec une région. Ce type de pied à terre est plus avantageux que l'hôtel pour le prix et la possibilité d'y préparer nos repas. Nous allons à l'épicerie à tous les deux jours, découvrons de drôles d'emballages (comme des croissants au chocolat qui ont vraiment l'air d'être emballés dans un plastique de serviettes sanitaires). Observation étrange: j'étais persuadée que tout coûtait plus cher en Europe, coût de la vie oblige. Je suis étonnée: la bouteille de Bailey's que nous payons 26$ au Québec ne coûte que 10.90 euros ici (donc près de 10$ canadiens de moins). J'ai pensé à toi hop mama, en m'achetant une bouteille de Sheridan (que je culpabilise à acheter chez nous vu le prix)...

Quel ne fut pas notre bonheur aujourd'hui de découvrir du pain MOU! Comprenez que le pain italien ordinaire a un avantage majeur: on peut le mettre au fond du sac d'épicerie et l'ensevelir de boîtes de conserves, il s'en sortira toujours intact, protégé par sa dureté brise-dents...

Les routes toscanes

Je pense avoir compris une chose dans le fonctionnement du réseau routier italien: si les autoroutes sont semblables aux nôtres en ce sens que pour se rendre du point A (départ) au point B (arrivée), vous n'avez qu'à suivre la direction finale Z, les routes nationales exigent que l'on connaisse très bien la géographie locale pour se rendre à destination.

Par exemple, pour aller du point A (départ) au point Z (arrivée), il est impératif que vous connaissiez au préalable l'emplacement des villes B, C, D et ainsi de suite.

Lorsque, comme nous, vous n'y connaissez rien, vous vous frappez à des ronds-points indiquant huit villages (parmi lequel votre unique repère ne figure pas) dans quatre directions différentes qui exigent que vous pensiez vite pour vous orienter par essais-erreurs.

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Les routes toscanes...eh oui, je vais encore vous en parler! Que voulez-vous, elles me fascinent autant qu'elles me terrifient. D'abord, je ne peux absolument pas les regarder car la moindre seconde d'inattention nous enverrait direct au fond des ravins et des vallons qui les bordent (évidemment, pour la plupart sans garde-fou). Idem pour les champs de tournesols que je n'ai pu voir que du coin de l'oeil (snif).

Les routes serpentent les collines toscanes comme une infinité de courbes qui n'en finit jamais. Dans les vallons, des oliviers, des vignes, des oliviers, des tournesols, des olivers, encore des vignes mais encore et surtout des oliviers. De toute beauté.

Sur ces routes sinueuses, des cyclistes qui semblent s'entraîner pour de solides compétitions. Je rêve d'en arrêter un pour tâter ses cuisses d'acier juste pour voir.

Il y a des codes tacites sur la route. Contrairement au Québec où les routes sont larges et où l'on empiète souvent sur la voie inverse pour épouser grossièrement le tournant, ici, il est impératif que vos pneus de droite demeurent continuellement en contact avec la ligne blanche qui borde la route. Le moindre écart peut vous coûter la vie. Si les Italiens ont mauvaise réputation au volant, je trouve les habitués du coin plutôt exceptionnels pour leur rigueur aux codes tacites sur ces routes sinueuses. Bien que j'aie pris de l'assurance au volant dans la région, je ne suis pas toscane dans l'âme au point d'encaisser les courbes aussi vite.

Si la côte qui m'effrayait il y a quelques jours est devenue pour moi (presque) de la petite bière, c'est Grand-Homme qui a dû aujourd'hui retenir son souffle pour la grimper (et assise à ses côtés, j'ai retenu le mien du même coup). Il a hérité du pire scénario qui soit: trois voitures venaient en sens inverse, lui valant de s'arrêter juste au pied de la côte (donc pas d'élan en 2e vitesse, ouch). N'empêche, il s'en est hyper bien sorti!

Cinque-Terre (il y a quatre jours)

Une ruelle étroite idéale pour trouver un petit coin d’ombre dans le petit village de Corniglia, dans les Cinque-Terre. Nous y avons mangé une gelato, récompense pour les épuisantes marches que nous venions de grimper sous le soleil écrasant de midi. Nous n’avions pas idée alors que les marches, c’était de la petite bière par rapport à ce qui nous attendait pour les deux heures suivantes!



Adorables que ces boîtes aux lettres rouges qu'on trouve un peu partout en Italie. Elles me rappellent un jouet Fisher-Price fétiche de mon enfance qui en avait une pareille.



Corniglia vu de haut, la mer Méditérannée juste en bas.





Début du sentier. Inutile de rêver en couleur, on ne marchera pas dans une zone ombragée. 90-95% du sentier est sous le soleil tapant. À l'ombre, il fait plus de 35 degrés. Inutile de vous dire qu’en pleine heure du midi, ça frappe. Sous les quelques rares coins d’ombres des quatre kilomètres en zig-zag et ascension escarpés, les marcheurs épuisés s’agglomèrent. Malgré l’hydratation fréquente, Béatrice n’a presque pas mouillé ses couches cette journée-là. C’est tout dire.



À flanc de falaise.



Les aloès géants et les cactus qui bordent le sentier font plus de deux mètres de haut.






Une pause bien méritée sous le soleil écrasant.



Arrivée à Vernazzo. ENFIN, car nos réserves d’eau étaient à sec.

Je me suis demandé, en portant épisodiquement un Frédéric épuisé, où un parent lui-même épuisé par la chaleur intense et le manque d’eau trouvait chaque fois la force de porter son enfant.

lundi, juillet 06, 2009

Braver le monstre

Nous avons branlé dans le manche tout l'avant-midi avant d'oser braver le monstre. Frédéric était tout heureux de voir dehors des petits garçons jouer à côté de notre villa. Ce fut un motivateur suffisant pour qu'il s'habille pour aller les rejoindre. Il s'est mis à pleurer quand il a réalisé qu'ils étaient partis. Il voulait tellement zouer avec des garçons! La maison lui manque, il voudrait voir ses frères.

Nous sommes finalement partis, moi armée des bons conseils d'Elena et Grand-Homme de ses cartes routières. J'ai triomphé: j'ai bravé la côte et ça m'a étampé un sourire dans la face dont les effets se font encore ressentir. En arrêtant au village, nous avons aperçu un parc. Frédéric a vu quelque chose de très convoité: DES ENFANTS. Nous n'avons pas pu lui refuser. Aussitôt lâché lousse, pas de petite gêne habituelle, juste le grand bonheur de circuler, errer, aller et venir, bouger parmi ses semblables à la langue étrange. Nous étions heureux de le voir heureux. Il ne comprenait rien à l'italien autour mais on s'en fout puisque le langage du jeu est universel.

Comme vous le constatez, j'ai aussi survécu aux routes sinueuses et escarpées. C'est donc une belle journée. Nous avons fait les courses, nous nous sommes baignés et en ce moment de siesta, ça commence à ressembler à la dolce vita. Jusqu'à la prochaine sortie sur le réseau italien.

La Toscane

D'abord, merci à toutes celles qui m'ont laissé des commentaires suite au billet précédent. Cela m'a fait chaud au coeur.

Nous sommes arrivés en Toscane hier après moults détours. Le stress vaut quelques haussements de ton entre pilote et co-pilote ici. À notre grand regret car c'est dans ces moments où plus que jamais nous avons besoin de solidarité.

J'imaginais la Toscane comme un endroit très rural plein de bonne bouffe, de beauté, sans stress.

Une fois à notre villa, la chose est confirmée: c'est pittoresque, il y a des oliviers partout autour de nous, des talles de lavandes emplies de gros bourdons, un gros Montagne des Pyrénées sympathique qui suit Frédéric, une piscine, des fleurs, des murs de pierre et Elena, notre hôtesse de la maison adjacente.

Cette femme est souriante, joyeuse, pleine d'éclat. Nous avons été accueillis chaleureusement. J'aimerais être une femme comme elle, sur qui aucune ombre ne semble pouvoir enrayer le sourire et la bonne humeur.

Le défi, c'est d'y arriver, mais surtout d'en repartir, de cette magnifique villa.

D'abord, pour y arriver, il faut emprunter une route sinueuse TRÈS étroite dont une courbe (et quelles courbes!) n'attend pas l'autre et où les habitués du coin roulent vitesse grand V. Sur les bords de la route (TRÈS étroite, je vous le rappelle) escarpée, des cultures d'oliviers magnifiques qu'il ne faut pas regarder pour demeurer attentif à ce qui pourrait venir après la courbe (parce qu'évidemment on ne voit rien venir).

On traverse deux villages aux rues étroites sur des pentes (mais pourquoi donc les voitures manuelles ont-elles été inventées?) et on arrive à la rue de notre villa.

C'est là que ça se corse: la jonction de cette rue, elle est dans une de ces courbes étroites et il faut descendre une côte que je n'ai pas encore eu à remonter. Un autre long chemin étroit s'ensuit sur plusieurs kilomètres. Je sais maintenant qu'il est d'usage ici de klaxonner avant les courbes.

Elena a eu la gentillesse devant ma frayeur d'hier de me faire monter dans sa voiture pour faire le trajet sens inverse afin de m'expliquer de façon pratique tous les trucs pour survivre à cette route, tout ça avec son sourire et sa bonne humeur. Cette femme a un sang-froid incroyable.

Cette côte, elle semble très simple à monter quand c'est elle qui est au volant. Aujourd'hui, je devrai le faire moi-même. Nous avions prévu décompresser ici pour la journée mais n'aurons pas le choix d'aller aux provisions. Si je réussis ce défi du jour, je pleurerai de joie et me trouverai vraiment hot.

Comme nous n'avions rien à manger hier, Elena nous a apporté un panier de provisions pour nous cuisiner un repas.

***

En me cherchant une place dans le creux de l'épaule de mon homme...

-Pourquoi tu pleures maman?

-Je suis découragée de conduire en Italie et j'ai envie d'être dans ma maison.

-Oooh (plein de compassion). Il nous reste zuste deux dodos.

-Non, il en reste huit.

-Oooh. Demain, ça va allez mieux maman.

-Hm...

-Tu veux ze te fasse un gros câlin?

Hochement de tête. Il s'approche, m'entoure de ses petits bras.

-Ça va mieux maintenant?

Petit Amour va.

dimanche, juillet 05, 2009

Les limites

Nous sommes plusieurs à avoir atteint les nôtres. Frédéric oscille entre coopération et confrontation d'une façon assez magistrale. Il en résulte donc que j'oscille entre culpabilité à son égard, colère de le voir si provocateur et fierté de le voir si gentil et désireux de nous faire plaisir par moments.

Depuis deux nuits, il dort avec nous et son sommeil vient nettement plus vite. Je réalise à quel point il est insécur, même si son propre lit est à moins d'un mètre du nôtre.

Pour ma part, je suis extrêmement stressée par la complexité du réseau routier ici et depuis deux jours, je fantasme sur MA maison, MES enfants, la simplicité (!) de MA vie, de MA voiture, de MON réseau routier québécois tellement simple, de MES rues larges et faciles à manoeuvrer.

Béatrice a atteint sa limite hier. Elle qui nous suit toujours sans chichi, elle a manifesté radicalement qu'elle n'en pouvait plus. Nous avons roulé sur les routes secondaires pensant qu'il serait plus facile de pouvoir s'arrêter avec les enfants si besoin était. Et puis, nous étions à cours d'argent liquide donc pas de possibilité de prendre l'autoroute. Erreur. Le temps en voiture fut démesurément long, les enfants avaient besoin de bouger (malgré les nombreuses pauses), nous nous sommes perdus plusieurs fois.

La pause prolongée était nécessaire. Malheureusement en Italie, tout est fermé en début d'après-midi (on se fait toujours prendre) alors nous avons dû arrêter dans un petit aéroport. Elle en a eu pour une dizaine de minutes à reprendre son souffle et cesser les spasmes d'épuisement. Comme je m'en suis voulu pour ce voyage, cette idée de fou imposée à mes deux merveilles! J'avais le coeur déchiré et je serais partie immédiatement direction ma maison.

Nous sommes arrivés à l'hôtel crevés et moi au bord des larmes de découragement, certaine de ne jamais revoir mes enfants, mon chez-moi, ma vie normale.

Je le pense: malgré toutes les beautés ici, ce voyage m'occasionne beaucoup plus de stress que d'agrément. J'ai l'air ingrat de l'admettre mais c'est la réalité. Je m'en veux de leur imposer tant de route et j'envie les passagers du bus du club de pétanque français que nous avons croisé en route.

La conduite ici = stress assuré.

Une autre fin de journée au bord des larmes en dépit de la villa magnifique où nous sommes rendus en Toscane.

Château Besano

Arrêt au château Besano, à Rovereto entre Bolzano et Vérone. Bien que la visite fut intéressante, nous n'aurions pas dû réveiller les enfants qui dormaient en voiture. Avec le kilométrage que nous avions à faire hier, il aurait été nettement plus sage d'omettre cette visite pour profiter de chacunes de leurs minutes de sommeil pour rouler. La journée d'hier fut TRÈS chaude et TRÈS difficile.

Quand même, voici un aperçu. Mes grands auraient adoré (snif snif, ils me manquent de plus en plus intensément). :o(











Un brave chevalier extrêmement entêté et orgueilleux qui m'a fait dire beaucoup de mots pas toujours jolis en cette journée exigeante.



Quoi de mieux qu'une petite séance de bouderie sur un rempart du château en fin de visite pour manifester son écoeurement?

Majestueuses Dolomites

Randonnée en montagne à plus de 1200 mètres d'altitude dans les Dolomites de Bolzano. J'aurais espéré m'en enivrer encore davantage mais nous avons surtout profité de paysages à couper le souffle. Les tout-petits n'avaient pas encore récupéré de leur décalage (jour 4) et nous avons passé une journée "heure locale" malgré tout après la visite du château du billet précédent.













Sur le chemin du retour: "Attends maman, ze veux cueillir une belle fleur pour toi!"

Château Roncolo

Je suis crevée (et étonnée d'être encore en vie malgré l'aliénation mentale que me valent les innombrables kilomètres des derniers jours), alors je coupe dans le gras.



Sur la route du château Roncono (Bolzano Bozen).



Le sourire magique de ma chérie d'amour. Elle aime le porte-bébé, y gazouille et en profite pour placoter gros comme ça dans le dos de son père. Et puis elle est teeeellement belle!



Pour mes garçons, l'intérieur de la cour.

vendredi, juillet 03, 2009

Bolzano Bozen


Cette petite ville est incroyable. Entourée de montagnes, il semble qu'aucun malheur ne puisse survenir dans une ville si paisible. Partout où l'on regarde, il n'y a que de la beauté. Les Dolomites s'offrent en arrière-fond peu importe la direction où l'on pose le regard. Presque toutes les fenêtres des maisons sont fleuries, les terre-pleins sont colorés de fleurs, les parcs également, le bord des routes. Au loin sur les montagnes, des châteaux et/ou ruines de. Magnifique.



Ici, le cycliste est roi. Je n'ai jamais vu autant de vélos dans une ville. Idem pour les motos et les scooters. Il n'est pas rare de voir des vieilles dames à scooter. Chez nous, le scooter est culturellement destiné aux ados. Rien à voir avec la mentalité d'ici. Toutes les infrastructures sont conçues pour le vélo. Les vélos ont leurs propres feux de circulation, les pistes cyclables sont innombrables, les gens font leurs courses à vélo, il y a des racks à vélo immenses pratiquement à chaque coin de rue pour répondre à la demande et ils sont presque toujours remplis.





De même, très souvent, les vélos ne sont pas verrouillés et les gens ne portent jamais de casque. Cela fait très libre, très naturel. Je m'ennuie de cette époque, trouve lourd ce regard de société que l'on pose de plus en plus chez nous sur les cyclistes qui roulent sans casques. Dommage je trouve, de vouloir, au nom de la sécurité, imposer continuellement des règles contraignantes.



Nous voyons des hommes veston-cravates à vélo avec leur mallette, des mémés à vélos, des jolies filles à vélo, de jeunes hommes à vélo, des enfants à vélo, des policiers à vélo. Ça évoque La vita e bella!



Tout est harmonieux, l'esprit communautaire semble bien établi, les gens se parlent. Je me demande si à part moi, quelqu'un a déjà connu le stress dans cette ville.

Dans un train bondé sur la montagne aujourd'hui, une femme m'a laissé sa place pour que je puisse m'asseoir avec les deux tout-petits sur mes genoux. Beaucoup de gens nous regardent avec notre porte-bébé dorsal, semblent n'avoir jamais vu ça. On nous écoutait parler, Grand-Homme et moi, les vieilles mamas échangeaient entre elles, faisaient des façons à nos enfants.

Puis, l'une d'elle a enfin osé la question en italien d'abord, puis en allemand: "Llmmgleiksen dakenspenchtein (notez l'approximation ici) nôôôt deutsh?"

-Not deutsch, exact, we are French Canadians.

-Ooooh! Ca-na-daaa! (la dame à côté de moi interpelle son amie qui m'a cédé la place et qui s'en est trouvée une plus loin dans le train) Unetella, Unetella, Ca-na-da!

-Ooooh! Ca-na-daaaa! (elle passe le mot à son tour).

Charmant comme tout. La dame âgée tenait absolument à me céder sa place mais j'insistais pour qu'elle demeure assise.

La dame de continuer à parler à Béatrice, à lui flatter, embrasser les mains puis s'est mise à faire pareil avec Frédéric. Avant de sortir du train, elle a embrassé les deux enfants sur la tête. Jamais une étrangère n'aurait pu faire ça chez nous (et j'en aurais été mal à l'aise). Ici, c'est naturel et pas offusquant.

Au niveau de l'urbanisme, les rues en-dehors du centre-ville sont étroites (mamamiiia! Très!), bordées de murets de pierres et les voitures provenant des deux directions opposées se partagent l'espace avec les piétons et les cyclistes. Il faut avoir des yeux partout quand on n'y est pas familier!



Les ronds-points sont nombreux et je stresse chaque fois de devoir faire gaffe aux voitures, aux voies réservées pour vélos, aux piétons qui sont toujours prioritaires et aux voies pour les autobus. Ouf! Encore étonnant que je n'aie frappé personne! Heureusement que mon co-pilote est là!



Ah, et les vignes, il y en a partout! Autour des maisons, sur la montagne, bordant les rues. Je n'ai jamais rien vu de tel! C'est la première fois que je viens en Europe, direz-vous, mais ça m'impressionne.

Je me suis fait arrêter par la police militaire hier. Ne t'inquiète pas Momz, simple contrôle de routine. Je me suis inquiétée de ce que j'avais pu faire d'incorrect le temps que le policier et son collègue examinent mon étrange permis québécois sous toutes ses coutures pendant que je cherchais avec angoisse mon permis international dans mon sac.

J'ai déduit qu'il devait trouver que je roulais un peu trop en touriste. Et puis les policiers croisés jusqu'à maintenant ont plus l'air de citoyens paisibles en uniformes heureux de travailler pour le bien commun plutôt qu'enorgueillis de leur autorité comme le plus humble des policiers chez nous. Les policiers, chez nous, aussi bons et justes puissent-ils être, ont quelque chose dans la démarche, dans l'attitude qui tend à hiérachiser le rapport policier-citoyen (en dépit des efforts de l'instauration de la police de quartier).

J'espère toutefois ne pas avoir à confirmer/infirmer ma perception dans un billet ultérieur!

Les gens ici semblent vivre différemment du reste du monde. Venise est à environ 250 km et pourtant, l'esprit est loin d'être le même. Le décor, ici, a quelque chose d'Autrichien. Le mood aussi. Pense pas revoir si bel esprit avant longtemps.

Otzi et compagnie

Après la ballade au parc hier matin, nous avons été visiter le musée d'Otzi. Otzi, c'est un homme retrouvé en 1991 dans les Alpes par des randonneurs allemands. Seulement sa tête immergeait de la neige. Les randonneurs ont cru qu'il s'agissait d'un skieur mort depuis quelques jours.

Les secours arrivés le lendemain ont commencé à le déterrer pour se rendre compte par son équipement désuet (!) qu'il y était depuis beaucoup plus longtemps. Des chercheurs s'en sont mêlé pour découvrir que l'homme y était enseveli depuis plus de 5000 ans. Sa découverte a permis d'en apprendre beaucoup sur le mode de vie de l'époque.

Pour le conserver, on a reproduit les conditions initiales dans lesquelles Otzi était conservé. C'est étonnant à quel point il est presque parfaitement conservé!

Donc, hier, visite du musée, qui contient aussi de nombreuses momies dont celle d'Imothep, le méchant du premier film de La Momie et beaucoup d'animaux momifiés soit par les Égyptiens ou conservés "accidentellement" par la nature leur ayant fourni les conditions idéales.

De kessé?





La langue

En dépit des petits défis que nous cause la langue ici, ce qu'il y a de bien, c'est ce que l'absence de compréhension peut susciter de cocasse.

Par exemple, dans un café, Frédéric de s'exclamer à voix haute: "Oh regarde maman, le monsieur il est bizarre! Comme il est bizarre!"

Personne dans le café de n'y comprendre quoi que ce soit. Et chaque fois, notre fils de s'étirer le cou pour s'étonner à nouveau à voix haute.

Ou encore, Fred dans un train, un doigt dans le nez (que j'essaie chaque fois de lui retirer et qui retourne toujours à son point de départ): "Mais mamaaan! Z'ai une grooosse crotte de nez qui est coincée au fond de mon nez!"

Ou encore, en rentrant de randonnée, moi de m'exclamer à mon homme à l'endroit de la femme que nous croisons: "Mon amour, regarde ses seins, j'aimerais en avoir autant pour qu'ils puissent rebondir comme elle quand je marche." Ça passe comme dans du beurre.

Ou encore, Fred, qui ne cesse pas une seconde de parler. Nous sommes épuisés de l'entendre jacasser. Cet enfant est une vraie pie. Nous l'emmenons au parc pour qu'il dépense un peu d'énergie. Dans le tourniquet, il rencontre une petite fille et jette son dévolu sur elle. Il parle, et parle, et parle. Pendant que nous jouissons du répit, nous l'entendons...

"Moi ze m'appelle Frédéric et ze suis venu avec mon papa, ma maman et ma petite soeur Béatissss, regarde, elle est là, et moi z'aime ça le parc, et blablabla..."

La petite le considère le sourcil levé, un air qui pourrait presque avoir l'air du dégoût ou de la frayeur et sa grand-mère assise sur un banc se tient les côtes de voir sa petite-fille italienne n'y rien comprendre (les gens sont bilingues italien/allemand ici, alors le français vient d'une autre planète dans cette petite ville très reculée dans les montagnes).



La serveuse du restaurant de l'hôtel fait traduire exprès pour nous le menu du jour par un collègue qui parle français et depuis hier soir, elle nous dit bonjour en français.

C'est charmant de voir sa fierté!

mercredi, juillet 01, 2009

Conduire en Italie ou s'improviser James Bond girl

Je suis gênée de l'avouer: je n'ai pas acheté de chaussures vénitiennes. Je m'en mords les doigts. À force de réfléchir, j'ai laissé passé de beaux coups de foudre. Idem pour les boucles d'oreilles et les superbes colliers en verre de murano. Je m'en mords les doigts. Mais bon, rien ne s'est passé comme prévu aujourd'hui.

Nous avons eu quelques imprévus pour récupérer la voiture, il m'a fallu me réapproprier mes réflexes de conduite manuelle, nous avons constaté que pour s'y retrouver dans les indications des routes, il fallait avoir des loupes à la place des yeux, nous nous sommes trompés de route plusieurs fois, et ainsi de suite.

Je survis au stress de la conduite. Ce qui me tue, ce sont des enfants qui pleurent/pleurnichent et ne pas savoir comment/où/quand me garer pour les consoler/calmer/rassasier/dégourdir. Dieu merci, l'ensemble du trajet s'est quand même bien passé.

Une fois sortis de Venise (alleluia!), je respirais déjà mieux. Nous avons décidé de faire une croix sur Vérone, qui n'était pas réaliste à visiter aujourd'hui. On s'est adaptés aux enfants qui comme nous étaient moites et épuisés. Ils ont pu s'endormir à l'air climatisé de la voiture et nous avons pu conduire sans stress infantile pour deux heures.

On a beau dire que la conduite en Italie est folle mais après environ 300 kilomètres, je les ai trouvés bien corrects, les Italiens. Pressés, mais bien élevés. Bon, je me suis faite engueuler en italien parce qu'à une lumière rouge je reculais sur le neutre mais je suis une fille tellement zen de nature (!), pourquoi en faire tout un plat?

Et puis conduire avec de majestueuses montagnes en arrière-plan, quel délice pour les yeux!



Mon homme est un excellent co-pilote. Nous faisons une équipe efficace, et qu'on ne me renote pas les quelques égarements, ça ne compte pas, ici, sur des routes étroites aux milles panneaux affichés à la dernière minute dans une ou deux langues étrangères. Je tiens à spécifier que je ne lui tiens pas rigueur de m'avoir fourni une indication erronée qui m'a value de m'engager à contre-sens sur une voie qui donnait face à des voitures sortant d'un tunnel sous la montagne. Et vous savez quoi? J'ai fait ça comme une pro: embrayage à reculons pendant que la voiture avançait me faisant face. Comme dans un film de James Bond (n'empêche, j'ai eu très chaud!)!



Bon, ne vous inquiétez pas mes beaux Amours, Momz et famille de Grand-Homme, le conducteur de l'autre voiture nous a aperçus et a ralenti. Je suis impressionnée par mes réflexes et j'espère qu'ils tiendront bon jusqu'à Rome, où nous utiliserons le transport en commun.



Sur la route, perdu dans les hauteurs, un château construit sur des pics rocheux.



Ici, des vignobles à flancs de montagnes à perte de vue. De toute beauté.

Notre chambre d'hôtel (moins cher qu'à venise pour une nuit de plus) est magnifique, spacieuse, compte deux balcons avec une vue à vous donner envie de coucher dehors. Je vous mettrai des photos à la lumière du jour.

Nous avons eu du mal à le trouver, cet hotel. C'est qu'ici, les indications routières sont en allemand. Vous savez, l'allemand et moi, on n'a jamais vraiment fait connaissance. Et se faire indiquer verbalement un nom allemand "long de même" par son co-pilote, aussi bien intentionné soit-il, eh bien ça a ses limites.

Sur ce, bonne nuit, chers lectrices (et lecteurs, si jamais il s'en trouve parmi vous).

PS. Je me suis fait piquer par un maringouin italien. Ça ne pique pas moins que chez nous. Il a de cela en commun avec les maringouins québécois: ils sont hypocrites et piquent pendant que vous dormez. Et comme les moustiquaires ne semblent pas exister ici...

PS 2. La serveuse du resto de l'hôtel a fait de gros efforts pour nous faire comprendre le menu ce soir. Encore une fois, l'italien et l'allemand dominent ici. Elle a eu la gentillesse de nous mimer une poule qui agite les ailes pour nous signifier "poulet". Tout à fait charmant. :o) Et Frédéric était ravi: le jus de pomme est jaune comme à la maison (notre maison, celle avec notre voiture bleue...), dans le nord.