L'arrivée à Rome
Je vous ai parlé de la conduite en Italie, mais je ne vous ai pas encore parlé de Rome.
Plusieurs jours à l'avance, je me suis mise à angoisser sur notre arrivée dans la ville la plus visitée au monde, dont les conducteurs ont très mauvaise réputation.
D'abord, c'était prévisible, nous nous sommes égarés. Après un peu d'exploration involontaire (et beaucoup de stress), nous avons demandé à des romains la direction pour la gare, où nous devions laisser la voiture de location.
Devant une fourche...gauche ou droite...vite...gauche ou droite....allez vite, réponds....j'ai failli causer un accident mais tout a bien été, nous nous en sommes sortis avec quelques coups de klaxon (tout à fait légitimes) de mes successeurs sur la route.
Un peu plus loin, j'ai demandé une information à une dame romaine que je n'ai pas pu remercier comme elle l'aurait mérité. D'abord, il faut savoir que dans le quartier où nous roulions, il n'y a pas de lignes sur les routes. Piétons, voitures et beaucoup de scooters roulent dans n'importe quelle voie, tout le monde se coupe sans égard à celui qui lui succède, les piétons traversent sans crier gare, les noms de rue sont mal indiqués. Il est d'usage de s'ajuster au conducteur de devant.
Ici, il n'y a pas de stationnement, donc tout le monde se stationne en double de la rangée de voitures déjà stationnée sans se soucier des autres. Les voitures s'arrêtent n'importe où et il est d'usage de simplement les contourner. Une vraie jungle urbaine.
Donc la dame romaine, après m'avoir donné les indications, est embarquée dans sa voiture et m'a fait signe de la suivre. Pendant QUARANTE minutes, elle a cherché avec nous l'endroit où nous devions rendre la voiture, s'arrêtant chaque fois en double, allant questionner des chauffeurs de taxi en me faisant signe d'attendre. Chaque fois, avec un calme désarmant, elle tentait de m'expliquer le chemin mais réalisant que c'était beaucoup trop complexe (rues non parallèles, one way nombreux, conduite de fou), elle finissait par soupirer gentiment et nous faire signe de la suivre. Et nous repartions pour une autre course, effrenée il va sans dire car je ne devais pas la perdre de vue par la densité de la circulation. Toujours, elle s'organisait pour m'attendre quelque part, quitte à bloquer la circulation, si elle ne me voyait plus.
Pour réussir à la suivre, j'ai dû conduire en malade (mais avec sang-froid) d'une manière que j'espère à ne JAMAIS avoir à revivre de mon existence. Alerte, sur le gros nerfs, je vous dis, mais tellement reconnaissante à cette inconnue (qui a refusé l'argent que nous avons voulu lui donner pour son aide). Dans une autre ville dans le nord de l'Italie, c'est un homme qui nous a guidé de la même manière jusqu'à une pharmacie où nous avions un besoin urgent pour notre fils).
Une fois débarrassés (yes!!) de la voiture, nous avons marché par une chaleur exténuante chargés de bagages, tentant tant bien que mal de trouver un taxi (j'ai l'air vraiment dramatique, ma foi, je commence à penser que c'est dans ma nature! Je suis encore ébranlée de ma journée d'hier!). Nous devions marcher un très loin coin de rue pour arriver à l'arrêt de taxi.
En attendant pour traverser la rue, Grand-Homme a rattrapé Frédéric de justesse par un bras quelques secondes avant qu'une voiture heurte celle qui la précédait dans un fracas de verre. Nous l'avons échappé bel mais notre arrivée dans la ville fut suffisamment brutale pour que j'en tremble encore après 24h quand j'y pense. Je DÉTESTE circuler ainsi trop chargée pour le peu de bras que nous avons, avec de jeunes moussaillons à protéger à tout prix. À cet instant, j'ai été vraiment heureuse de n'avoir pas amené mes grands en voyage avec nous.
Enfin nous avons trouvé un taxi. Au moment où je commençais à déstresser un peu (nous arrivions à l'hôtel), nous avons réalisé que le chauffeur de taxi était un arnaqueur et qu'il essayait de voler Grand-Homme. Heureusement, après de légers doutes, mon amoureux a été alerte et le type s'est poussé en nous accusant de le voler et en nous insultant en italien lorsque nous avons menacé de faire venir la police.
Il a quand même réussi à nous rouler mais pour moins qu'il l'aurait espéré. Le salaud!
Voilà pour notre arrivée. Pas très réjouissant mais la suite est plus agréable, rassurez-vous. J'y reviendrai.

































































