lundi, décembre 07, 2009

Avoir des enfants

Un matin où la coopération fut difficile et où le ton de ma voix vient de descendre d'un octave. Pendant que j'habille Béatrice, après avoir enfin obtenu coopération de la part du récalcitrant...

Frédéric: "Maman, avant, t'étais une madame et pis là Béatisss est sortie par ta vuv' et là t'es devenue une maman, haaan?"

-Hm...

-TOUTES les madames, elles sont des madames et pis quand des bébés sortent de leur ventre, elles deviennent des mamans, haaaaan?

-Pas toutes les femmes. Il y a des femmes qui n'ont pas envie d'avoir d'enfants.

-Pouurquoiii? (attristé de cette abomination féminine)

-Eh bien, parce qu'avoir des enfants, ça donne beaucoup de travail aux parents: il faut s'occuper d'eux, se réveiller la nuit pour faire boire les bébés, préparer des repas, les aider à faire leurs devoirs, ramasser leurs traîneries, répéter pour qu'ils se préparent le matin. Avoir des enfants, ça apporte beaucoup de bonheur mais aussi beaucoup de responsabilités. Il y a des femmes qui ne sont pas prêtes à partager leur liberté avec des enfants.

Il baisse les yeux, réfléchit. Je lance sur mon épaule les quarante-six sacs à apporter, prends le bébé dans le bras restant et saisis avec les deux doigts de libre deux petits sacs que je tends à Frédéric, extension officielle de mes bras surchargés.

Docilement, il prend les sacs et lève soudainement vers moi des yeux pleins de compassion pour les femmes à la vuv' intacte: "Et pis les enfants, ça chiâle tout le temps aussi."

*

C'est pas moi qui le dis.

Trop

Il y a trop de langues que j’aimerais apprendre, trop de talents que j’aimerais développer, trop de gens que je voudrais connaître, trop de livres que je voudrais lire, trop de références que je voudrais comprendre, trop d’heures de sommeil que je rate, trop de métiers que j’aimerais exercer, trop de sortes de crèmes et de savons que j’aimerais concocter, trop de cours auxquels j’aimerais m’inscrire, trop d’endroits que je souhaiterais visiter, trop de montagnes que je voudrais gravir, trop de blogs que je voudrais prendre le temps de lire.

Trop de choses resteront inaccomplies à la fin de ma vie. C’est ainsi. Il y a trop d’expériences à vivre, trop de choses à découvrir.

Je ne sais pas s’il faut se réjouir de la diversité des choix qui s’offrent à nous ou se désoler de n’avoir pas le don d’ubiquité, l’argent, le temps et les possibilités à profusion pour tout goûter.

Les gens les plus satisfaits sont ceux qui prennent une décision et qui choisissent de l’assumer sans regretter tout ce qu’ils auraient pu faire d’autre. Que de sagesse chez ces personnes qui renoncent à l’infini pour se restreindre et apprécier leur choix !

dimanche, décembre 06, 2009

Quelques uns. Encore.

J'ai beaucoup, énormément, passionnément savonné ces dernières semaines. Voici quelques unes de mes fiertés.

Savon karité amandes à base de beurre de karité (doh!), beurre de cacao, huiles d'olive, de palme, de coco et d'avocat. J'en avais déjà fait l'an dernier mais la fragrance d'amandes n'était pas restée à mon goût. J'en ai mis plus cette fois et ils sentent vraiment trop bon!



Celui-ci, c'est un favori chez ceux qui utilisent mes savons: savon doux aux fleurs de calendula, palmarosa et camomille.



Ici, un coup de coeur pour l'odeur douce et la texture crémeuse du savon: Savon ultra-doux au cappuccino. J'ai craint qu'il ne durcisse pas mais non, ça se fait lentement mais sûrement. À base d'huile d'avocat, huile de coconut, beurre de karité et huile d'olive.



La couleur de celui-là suggère un savon très doux et il l'est. C'est un savon pour peaux sensibles au karité, lavande et calendula. J'ai hâte de le tester sur ma peau!



Un incontournable, celui que je vends le plus: lavande romarin. Toujours très apprécié, crémeux et bien moussant.



Une nouvelle fragrance que j'ai essayée et qui me plait: framboise noire vanille de chez Voyageur. Savon à base de huile de pépin de raisin, huile d'olive, huile de coconut, huile de maïs, beurre de cacao et argile rouge. Tout à fait réussi. J'adopte.



Le dernier me laisse perplexe. C'est un savon citron-pavot tout ce qu'il y a de plus réussi. Le hic, c'est que la nouvelle fragrance citron que j'ai essayée (Voyageur) sent exactement la même chose que le M.Net. :0S



Quelques unes de mes créations qui s'apprêtent à quitter la maison.



J'ai trouvé un système pour classer tous mes savons, la gestion n'avait plus d'allure. Là, je suis efficace et organisée! :o)

samedi, décembre 05, 2009

Être sage...et vacciné

J'aime bien voir mon amoureux s'indigner à en exercer son devoir de citoyen. J'approuve.

Mme Francine Charbonneau
Députée de Mille-Îles

Objet : La vaccination du Père Noël.

Bonjour Madame Charbonneau,

Je vous écris afin de vous faire part de ma grande indignation devant cette initiative du directeur de la santé publique de Montréal de faire un spectacle en vaccinant le Père Noël. Puisqu’il s’agit d’un dossier relevant du gouvernement provincial, j’espère que vous pourrez recevoir et relayer les avis des gens de votre comté aux personnes concernées.


Cette mise en scène me paraît grotesque et impertinente. Impertinente parce qu’il n’y a aucun intérêt à convaincre les enfants des bienfaits de la vaccination. Ce sont aux parents d’assumer leurs responsabilités et d’amener (ou non) leurs enfants pour recevoir le vaccin. Les enfants de six mois à 11 ans sont déjà vaccinés dans une proportion de près de 60 % et les autobus continueront de reconduire les écoliers dans les centres de vaccination d'ici Noël.
Les seuls enfants capables de décider s’ils se feront vacciner sont ceux qui ont déjà leurs 14 ans ; d’après moi, ce n’est pas le Père Noël qui les fera changer d’avis !

Grotesque, maintenant, parce qu’on utilise un symbole universel dont la vocation dépasse les préoccupations temporelles de la présente situation médicale. Le Père Noël, c’est l’incarnation de l’esprit de Noël, c’est la représentation de la joie, de l’esprit de coopération, de l’altruisme et de la générosité qui caractérisent cette si belle période des fêtes. En l’amenant se faire vacciner, on lui enlève son caractère « sacré », ou si vous préférez, son caractère spécial et particulier qui le rend toujours de bonne humeur, en santé et détaché des contraintes terrestres. Le père Noël a déjà une mission d’envergure, soit celle de propager sur terre un esprit de joie et de paix. Ne lui en mettez pas plus sur les épaules.

Sur le site canoë.com, le journaliste Éric Yvan Lemay ironise « Va-t-on recruter Youppi pour convaincre les partisans du Canadien de recevoir leur dose ou encore Michaëlle Jean pour attirer les membres de la communauté haïtienne ? C'est la mode depuis que le ministre Bolduc s'est fait vacciner devant les caméras. » À mon avis, les symboles choisis auraient été à ce moment plus appropriés.

Je vous remercie de transmettre mon message afin d’éviter de nouvelles utilisations du Père Noël ou d’autres symboles reliés aux enfants.


J’en profite évidemment pour vous souhaiter de joyeuses fêtes, avec votre famille et vos amis,

Grand-Homme


Références :
Gouvernement du Québec, Le Père Noël se fait vacciner Vendredi
http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Decembre2009/03/c7660.html
Canoë.com, Pourquoi vacciner le Père Noël
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/12/20091204-081300.html

CC. :
Agence de la santé et des services sociaux de Montréal

Association des Pères Noël de la province de Québec

Pathétique

Le Père Noël se fait vacciner.

Où s'en va-t-on?

jeudi, décembre 03, 2009

Le bateau

N’espérez pas trop candidement pouvoir vous allonger sur la causeuse de la salle à manger à la maison en attendant que le repas soit prêt. Que nenni. Fils Aîné a mis la vie de Frédéric en danger en tentant de ce faire. Ce dernier l'a échappé bel.

La causeuse, depuis un bon moment déjà, n’est plus une causeuse. C’est un bateau (à vrai dire, à peu près tous les meubles de la maison ont changé de vocation ces dernières semaines, passant du train à la cabane, de la cabane au bateau, du bateau à la Base). Le moindre bout de peau humaine qui en pendouille risque de se faire dévorer par les voraces requins qui rôdent.

Fils Aîné, donc, de s’étendre sur le divan, pensant relaxer un peu de son épuisante vie d'adolescent. Au moment où il s'apprête à enfin expirer son stress quotidien, Frédéric d’accourir, complètement paniqué, en pleurnichant quelque chose d’incompréhensible. Essayant désespérément de grimper sur la causeuse occupée par son frère (qui n'a aucunement conscience qu'il est sur ZE bateau), il est impitoyablement repoussé par l’aîné qui questionne en grognant cette hystérie infantile subite.

-Mais à quoi est-ce que t’as pensé Fils Aîné? Laisse-le embarquer, VITE, il va se faire manger par les requins!!!, je fais.

Fils Aîné, ado inconscient ne réalisant pas l'ampleur du danger: "Quoi?" (tandis que Frédéric se débat vigoureusement sur le planch...euh, dans la mer, tentant de repousser de ses coups de pieds les puissantes mâchoires).

L’aîné s’indigne, grogne, Frédéric panique en proie aux méchants requins qui se délectent déjà de la simple idée de sa chair fraîche, je me dois de mettre de la pression à l’aîné sacrifiant sans scrupule son cadet sans défense. Fils Aîné finit par quitter le bateau (bravement, à la nage) en grommelant pour sauver la vie du petit et aller mourir en martyr.

Maudite maison de fous, plus moyen de relaxer tranquille.

Des requins…non mais franchement…

dimanche, novembre 29, 2009

L'outil

"Maman, z'arrive pas à "plucher" ma carotte."



Oups.

mardi, novembre 24, 2009

Le temps

Voici à quoi je passe le mien depuis quelques jours, en prévision de la période des Fêtes (pas déjà?)...



Je refais des batchs de préférés, réalise de nouvelles expériences dont mon coup de coeur d'hier: savon ultra-doux géranium palmarosa bois de rose et argile rouge. À tomber. Littéralement.

dimanche, novembre 22, 2009

Le congrès

J’ai accompagné Grand-Homme en congrès. Évasion conjugale qui fut fort bénéfique. Plaisir que de se retrouver parmi une horde de gens qui ne connaissent rien de vous. Plaisir que de s’offrir à découvrir, plaisir que de découvrir d’autres gens et de tout construire sur une page blanche. Rares sont les occasions qui s’offrent à nous.

Discussion « ouf » avec un conseiller pédagogique rencontré là-bas. De fil en aiguille, je parle de mon livre, des événements qui m’ont amenée à l’écrire. La mort explorée sous toutes ses coutures. Pas la mort qui rend mal à l’aise. Non. La mort et ses mille possibilités, la mort que l’on cherche à comprendre, à désamorcer, à apprivoiser. La mort comme amorce philosophique.

Il m’est arrivé à quelques reprises ces derniers mois de ressentir une panique intérieure suite à des commentaires de mon entourage sur mon fils Thomas. Sur certaines de ses habitudes que moi, sa mère, j’ai "oubliées". Trop de détails le concernant me sont actuellement inaccessibles.

Je craignais qu’il en soit ainsi. Dès les premiers jours ayant suivi sa mort. C’est pourquoi je me suis empressée de noter le plus de choses possible, des mots-clés rappelant situations, habitudes, anecdotes sur lesquelles je voulais élaborer dans son livre de bébé (ce que je n’ai toujours pas fait près de quatre ans après).

En discutant avec cet homme, donc, il m’a proposé la théorie plus qu’intéressante de l’ intelligence émotionnelle d’un certain Goleman. Je connaissais l’état de choc, je sais que je suis passée par là, je sais qu’une part inconsciente de moi a tout cadenassé ce qui concerne mon fils pour me permettre de continuer.

Grosso moddo, cet auteur (Goleman) suggère que lorsqu’un « coup d’état émotionnel » survient, le cerveau rationnel se déconnecte de la part émotive concernant un événement particulier pour survivre. Il l’isole, le calfeutre, le met en quarantaine. Amnésie partielle, comme pour une crise de folie passagère. J’ai plusieurs fois reconnu cela à cause de cette manière froide et détachée d’être qui me caractérise lorsque je parle de lui, mon petit garçon parti trop tôt.

J’expliquais à mon voisin de table mon incompréhension, mon sentiment d’injustice vis-à-vis le fait que d’autres personnes aient emmagasiné à son sujet beaucoup plus de détails en mémoire tandis que pour moi, chaque souvenir émergent subitement est une fête secrète et émotive dans mon cœur. Une de mes craintes était que une fois que cette « amnésie partielle » sera terminée, que ce choc sera bien intégré, eh bien qu'il ne reste plus que des lambeaux de souvenirs réels, qu'ils aient eu le temps de pâlir au point de s’effacer.

Mon voisin de table, un adepte de cet auteur, m’a assurée que non, que tout était encore bien là, que tout ce qu’il manquait, c’était le pont entre le rationnel et l’émotif. À l’idée qu’il ait raison, l’émotion qui déferle là, en ce moment, vous n’avez pas idée.

Quelques jours après ces intenses discussions sur la mort qui finalement ont soulevé beaucoup plus de remous que je ne l’aurais d’abord imaginé, un rêve de lui. Pas du voisin de table, mais bien de mon fils.

Un rêve dans lequel, contrairement aux douze rêves de lui si elfiques, si magnifiques, si purs, si doux, si intenses, si lents, si vrais, si spirituels, si apaisants, empreints d'une indéfinissable quiétude que j’ai faits de lui les douze mois qui ont suivi son départ et où je me trouvais dans son monde plein de grâce à communiquer avec lui sans jamais avoir à ouvrir la bouche, uniquement par une sorte de télépathie sentimentale d’une indéniable authenticité, c’était lui qui était revenu le temps d’un contact hors du temps avec moi.

Juste lui et moi, une belle journée d'été, moi assise sur le deck de la piscine, yeux mi-clos, lui dans mes bras, moi qui le berce contre mon cœur en silence. L’activité autour est diffuse, nous sommes dans une bulle intouchable. Quiconque le voudrait ne pourrait briser ce moment. Le danger, la peur, le doute n'existent pas. Nous sommes ailleurs, où le concept même d’agression (quelle qu'elle soit) n’est pas. Comme toujours, ni lui ni moi ne disons mot. Comme toujours, juste une espèce d'énergie ou d’amour universel comme langage. Nous ne parlons pas, nous ressentons. Nous sommes dans un état de paix intérieure indéfinissable.

Nous savons tous deux qu’il repartira mais on ne s’en inquiète pas, on ne fait que profiter du moment dans une parfaite communion des âmes (ou des cœurs, je ne sais trop) avant que lui ne doive s’en retourner dans son monde. Ses départs (ou les miens) ne sont jamais tristes. Ni pour lui ni pour moi. Ses départs sont juste…naturels, sans déchirure, sans rien raviver de la douleur de la perte. Bien au contraire. Ses départs me laissent pleine d’un amour infini, d’une foi inébranlable. Je dirais même que ses départs me laissent encore plus forte.

Cela faisait deux ans que je n'avais pas rêvé à lui. Plus qu'un baume, ces rêves sont des vitamines pour le coeur.

Éveil

Il y eut/a parfois dans ma vie des éléments insignifiants en surface pour quiconque mais pourtant capitaux pour mon bien-être. Déstabilisée alors (mais également soucieuse de démontrer de la flexibilité, de la volonté d’adaptation), j’ai négligé de leur accorder de l’importance par l’action concrète et réelle. J’en ressentais pourtant les méfaits, parfois subtilement, parfois douloureusement. Souvent, j’ai tenté de bien cerner les irritants pour mieux les désamorcer. Mon inaction ne démontrait pas de l'indifférence. Ni de l'insensibilité. Juste de la déroute.

Pourquoi ai-je toléré des éléments qui m’étaient néfastes, qui allaient à l’encontre de mon intégrité, de mon bonheur? Est-ce de la mollesse? Un manque de volonté? De la peur? Un courage déficient? De la faiblesse? De la reddition? De la résignation?

Quoiqu’il en soit, graduellement, des choses changent. En moi. Je me rapproche de moi, de ce que je suis. J’ai cessé d’espérer, d’idéaliser, d’attendre des autres. Le besoin de plaire, d’être appréciée s’atténue, pâlit. Je ne m’en porte que mieux.